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Présentation des recherches

par Christine Voiron - publié le

 

Les travaux de l’équipe s’inscrivent principalement dans le projet 2 de l’axe1 « Des individus aux structures spatiales, processus d’auto-organisation et émergence » et le projet 1 de l’axe 2 « Perception des risques et stratégies adaptatives dans des environnements sous contrainte ».

 
Les travaux menés visent notamment à la mise en œuvre de développements méthodologiques et l’analyse des relations homme-environnement, et relèvent des thématiques de recherche suivantes :
• Mobilités, transport
• Populations, inégalités, santé
• Le rapport à l’eau et la perception des risques environnementaux
• Le lien environnement-santé
• La notion de développement durable
• Paysages, usage et gestion de l’espace

 

Axe 1
Projet - Des individus aux structures spatiales, processus d’auto-organisation et émergence

 
Le projet est axé sur des questions méthodologiques, visant à intégrer l’espace de façon formelle dans les réflexions en sciences sociales. Il porte une attention particulière aux comportements individuels en interaction qui produisent des phénomènes qui peuvent être observés et caractérisés à l’échelle du groupe et s’inscrivent dans des spatialités singulières. Dans un double souci heuristique et pédagogique, il s’est avéré pertinent d’associer à cette démarche une empiricité contrôlée. La réflexion autour de ces enjeux méthodologiques s’est organisée autour de questions de mobilités au Nord comme au Sud, et de questions de population/santé. Le projet s’est ainsi articulé autour de trois axes qui unissent les membres de l’équipe en laissant la place à l’expression des individualités et des spécialités propres à chacun. Il s’inscrit dans le cadre des problématiques de l’axe 1 par la focalisation mise sur les processus d’auto‐organisation.

Mobilités
Une application des approches méthodologiques individu‐centrées s’effectue au sein de la thématique des mobilités dans les pays du Sud. En effet, il existe dans les pays du Sud des dynamiques particulières d’émergence de déplacements, liées d’une part, à des contraintes fortes sur les individus – possédant peu de moyens et dépendant donc de ressources collectives, mais tentant aussi d’optimiser leurs déplacements –, et d’autre part, à une liberté plus grande que dans les pays du Nord, liée à l’absence de réglementation et/ou de moindre pouvoir des gouvernances locales, notamment urbaines. Dans ce cadre, trois terrains complémentaires ‐déjà explorés‐ sont développés, qui possèdent chacun un degré d’intégration différent : Congo Brazzaville, Sénégal et Inde.
Les travaux sur les mobilités se sont également orientés vers l’exploration d’une zone d’ombre des mobilités quotidiennes à savoir les mobilités de loisir. En se concentrant sur le terrain du littoral marseillais, ces travaux ont notamment permis d’initier un rapprochement entre les équipes d’Aix‐Marseille 1 et 2, suite à la fusion au sein d’AMU en 2012.

Population et Santé
Une autre application thématique de l’équipe concerne les questions de population et de santé. La création d’un observatoire démographique de la méditerranée au sein de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (MMSH) auquel l’équipe est associée a constitué le support principal de cette réflexion, permettant en particulier de lier des collaborations internationales autour de la Méditerranée et la diffusion des méthodes spatiales au sein de la communauté des démographes. En parallèle, l’expertise des membres de l’équipe dans le domaine de la santé a été associée à celle existant par ailleurs au sein de l’UMR dans le cadre du projet ESSE.
Ce projet émanant à l’origine du site d’Aix‐Marseille 1 a évolué avec la fusion des équipes d’Aix 1 et d’Aix 2, avec les recrutements de Samuel Carpentier‐Postel et de Sébastien Gadal, enfin, avec la création d’un nouveau projet intersite Espace de Santé, Santé des Espaces (ESSE).

Contributeurs :
Sébastien Oliveau, Frédéric Audard, Samuel Carpentier-Postel, Vincent Laperrière, Marion Borderon, Yoann Doignon, Lisa Ernoul, Lionel Kieffer, Florian Masse, A. N’Donky, Joël Querci, Léa Wester.

Contrats nationaux et internationaux :
• DemoMed
• PEPS CVMarkov
• PEPS MicMac
• MOBILITTO,
• MoBIG

Projet – Analyse spatiale et géogouvernance
Le groupe intersite « Analyse spatiale et géogouvernance » a été mis en place lors du contrat quadriennal 2008‐2011. Les travaux menés alors ont permis de proposer une définition du concept innovant de géogouvernance et d’explorer différentes expériences d’approche méthodologique originale visant à la mise en application de ce concept dans un contexte opérationnel. La définition de ce concept novateur restait néanmoins encore à stabiliser, à positionner épistémologiquement, et les conditions de sa mise en application demandaient à être approfondies. Les objectifs du groupe pour le contrat 2012‐2017 se sont donc inscrits dans cette continuité et étaient les suivants :
• Positionner scientifiquement le concept de géogouvernance par rapport à des approches voisines et mettre en avant les spécificités et l’originalité de la démarche.
• Une fois le concept stabilisé et positionné scientifiquement, l’objectif principal était de proposer un protocole de référence propre à tout processus de géogouvernance, avec pour idée à terme de mettre en avant les clés de la réussite d’un projet qui souhaiterait s’inscrire dans une telle démarche. Ce protocole de référence qui sera construit à l’issue de ces analyses a des visées opérationnelles, puisqu’il s’apparentera à un "guide des bonnes pratiques" sur lequel puissent s’appuyer les acteurs souhaitant mettre en place un projet de territoire qui s’inscrive dans une démarche de géogouvernance.

Contributeurs :
Daniel Bley, Raquel Bohn Bertoldo, Patricia Cicille, Vincent Laperrière, Samuel Robert, Jean-Paul Ferrier

Projet – Interfaces multi-niveaux
- > Les recherches appliquées aux pays baltes et à la Russie
Sébastien Gadal a intégré le groupe en 2014. Ces travaux qui ont pour objet d’analyser, modéliser les processus d’interactions sociétaux, territoriaux, environnementaux, climatiques et géopolitiques à différentes échelles temporelles et spatiales, et leurs interfaces/interfaçages, concernent notamment la mise en place d’observatoires sur des espaces d’interfaces (frontières, littoraux et fluviaux). Ses travaux sur l’émergence ou de la disparition d’interfaces sur les 70 dernières années, dans l’espace circumpolaire arctique, Sibérie orientale essentiellement, et l’analyse comparative des territoires soviétiques et post‐soviétiques – fin de l’URSS, redéfinition des frontières, tensions géopolitiques, transformations rapides des territoires – servent de cas d’études aux travaux du groupe.
Les observatoires sur les espaces d’interface dans l’espace circumpolaire s’appuient sur des analyses conceptuelles (ontologies spatiales, interactions, désinteractions) et méthodologiques basées sur la télédétection spatiale et aéroportée, les systèmes d’informations géographiques, et sur la modélisation spatiale en développant notamment de nouvelles méthodes d’analyses d’images satellites basées sur la linguistique et la sémantique, de la modélisation spatiale multi‐échelles, multitemporelles des données de télédétection et ancillaires : méthodes de simulations spatiales par télédétection de la transformation des territoires.

Contributeurs :
Paul Allard, Jean-Paul Ferrier, Sébastien Gadal

Contrats nationaux et internationaux :
• CNES‐DGA HYXPIM (Hyperspectral Satellite Platform for Environment Security and Defence) (ESPACE co‐leader axis 7 Urban ecosystems) (2013‐2021) ;
• CNES TOSCA URBHYP (Urban Hyperspectral) (2015‐2017) (ESPACE co‐leader) ;
• ANR HYEP (Hyperspectral Imagery for Urban Environment) (ESPACE leader of the WP 1) (2014‐2018) ;
• ANR CLASSIQUE « CLimat, Agriculture et Société SIbérienne ‐ QUElle Evolution ? » (2011‐2015) (ESPACE Responsable du work package Social Sciences and Geomatic).


Projet – ESSE : Espace de santé – santé des Espaces

Ce nouveau groupe intersite a vu le jour fin 2012, avec pour objectif de fédérer les recherches qui émergeaient au sein de l’unité, en Géographie de la santé.

Contributeurs : Daniel Bley, Vincent Laperrière, Sébastien Oliveau, Marion Borderon, Marion Le Tyrant

Axe 2
Devenir des systèmes territoriaux : de l’analyse des tensions à l’anticipation des changements

Projet - Perception des risques et stratégies adaptatives dans des environnements sous contraintes
Le projet propose d’étudier les interactions hommes‐environnement avec une approche interdisciplinaire (anthropologie, géographie, histoire, psychologie) souvent en interaction avec d’autres disciplines scientifiques (géologie, sciences de l’ingénieur). Situées en général dans un contexte méditerranéen, les ʽcontraintesʼ peuvent prendre de multiples formes : pression démographique, risques naturels (inondation, submersion marine, risque sismique) ou industriels (sols pollués, installation nucléaire), cadres réglementaires (planification spatiale, mesures de protection de l’environnement).

Contributeurs : Paul Allard, Daniel Bley, Raquel Bohn-Bertoldo, Patricia Cicille, Alain Dervieux, Bernard Picon, Marie-Laure Apers-Trémélo, Samuel Robert, Alexandra Schleyer-Lindenmann, Anne Tricot, Marion Le Tyrant.

Le rapport à l’eau et la perception des risques environnementaux
-  Les travaux effectués dans le cadre des programmes CAMPLAN (Gestion intégrée d’un hydrosystème : Camargue et Plan du Bourg), DEEP‐CAM, CAMADAPT et Marais des Baux‐Salins, ont permis de contribuer à une gestion adaptée de l’eau dans le delta.
-  Les travaux sur les paysages à la suite de la réalisation de l’Observatoire Photographique du Paysage de Camargue (OPPC), travail en partie intégré dans le programme DEEP‐CAM (ESPACE, Tour du Valat et le bureau d’étude RESSOURCE) se sont poursuivis, en comparant des photos d’archives à des photos actuelles.
-  La recherche sur le risque de submersion marine, et les effets du changement climatique sur les populations côtières, a été menée en collaboration avec les chercheurs indiens invitées R. Mudaliar et P. Rishi (Indian National Institut of Forest Management). Leur outil « Climate Change Perception Inventory – CCPI » (Mudaliar et Rishi, 2014) a été traduit en français et ensuite utilisé pour étudier la perception du risque de submersion marine et des effets du changement climatique auprès d’un échantillon d’adultes à Marseille et à Nice.

Le lien environnement‐santé
Les recherches effectuées dans plusieurs projets ont porté sur des questions situées à l’interface environnement/santé (perceptions de la pollution de l’air et son impact sur la santé, gestion du risque épidémique lié aux maladies vectorielles transmissibles par les moustiques). Face à un risque d’accentuation des inégalités et de fragmentation socio‐territoriale, et en plus des tentatives des individus pour préserver leur bien‐être individuel, il est nécessaire de s’interroger sur le sens de l’action publique (état ou autre) pour impulser des politiques qui vont dans le sens du bien commun et de l’attention portée aux plus vulnérables.

Adaptation personnelle et interaction avec l’environnement : la notion de développement durable et la cognition écologique
L’intérêt pour la notion de développement durable a mené à l’étude plus large de la cognition écologique. Elle a été étudiée à travers deux approches :
-  à travers la mesure de l’adhésion au NEP (New Ecological Paradigm, Dunlap R. E. et al., 2000). Ce paradigme propose une vision plus équilibrée de la relation homme-environnement. Nos recherches auprès de deux échantillons d’adultes montrent que pour eux, cette attitude plus bio – qu’anthropocentrée est devenue quasiment la norme.
-  - auprès d’un public d’adolescents, adultes et personnes âgées, par une mesure du raisonnement moral sur des dilemmes incluant l’environnement. Les résultats montrent que ce raisonnement évolue avec l’âge en passant d’un raisonnement auto‐ à un raisonnement hétéro‐centré qui alloue une plus grande place à l’environnement proprement dit.

Paysages, usages et gestion de l’espace
Ce domaine de recherche s’est développé sur le littoral, en considérant l’espace et les paysages à la fois comme ressources et comme biens communs des territoires, entrant dans le jeu de stratégies différenciées de la part des acteurs et nécessitant d’être documentés et analysés finement pour éclairer les arbitrages devant conduire à une décision publique sur l’espace. Il a donné lieu de de nombreuses recherches sur :
-  la méthodologie de caractérisation des sols urbains à grande échelle
-  les évolutions concernant l’étalement urbain et la rénovation urbaine (comparaison littoral/arrière‐pays marseillais, littoral marseillais/littoral bastiais).
-  les pratiques de la planification spatiale à l’échelle locale depuis les débuts de la planification urbaine en France
-  la conception d’une méthodologie de caractérisation des potentialités des sols à accueillir divers usages tout en préservant leur multifonctionnalité (indice de polyvalence d’usage)
-  les pratiques et usages récréatifs sur le littoral et en mer
-  la visibilité du paysage littoral, par une approche comparative (Côte d’Azur, Corse, Côte bleue)

Animation :
• Organisation d’un colloque « Habiter le littoral. Enjeux écologiques et humains contemporains », Marseille, 16-18 octobre 2014
• workshop au sein d’un colloque international (workshop international sur les deltas méditerranéens dans le colloque IS‐Rivers, Lyon, Juin 2015),
• journée d’études ECCOREV/OT‐Med « Penser l’articulation entre SHS et Sciences naturelles autour de la question du changement global » (12 mai 2015).

Contrats nationaux et internationaux :
• CAMPLAN
• CAMADAPT
• DEEP‐CAM (MEDDE)
• PACTES BMP (ADEME),
• AEDES (MEDDE)
• FAVELA (INSERM)
• Vipli‐MED (Fondation de France)
• MOBILITTO (Labex DRIIHM)
• UrbaQualiSol‐Med (Labex DRIIHM)
• QHyT‐Med ‐ (Labex DRIIHM)
• Évaluation du plan d’éducation au développement durable (Le Grand Lyon)
• Vivre près du Rhône (Agence de l’Eau)
• Rhône espace d’interactions (ZABR)