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OPTIDENS

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Projet « OPTIDENS : Optimiser la répartition des densités de population pour des villes plus durables »

PREDIT 4 GO 6 Politiques de transport
« Crise, Évolution des modes de vie, Mobilité et Politiques de Transport »

Subvention 13-MT-GO6-3-CVS-003
2013-2016
Responsables scientifiques : Cyrille Genre-Grandpierre, Philippe Michelon
Participants : Alena Melnikava, Sophia Bouchet, Zied Habtoul

Mots-clés : forme urbaine, optimisation, densité, accessibilité, durabilité, simulation

Pour répondre aux problèmes posés par la dépendance à l’automobile des territoires « e-s-p-a-c-é-s », le mot d’ordre des aménageurs se « résume » souvent à vouloir (re)densifier. Or, si des formes denses et compactes permettent effectivement de répondre à certaines exigences dans une perspective de durabilité (limitation de la consommation foncière, de la longueur des déplacements et des réseaux techniques, etc. ), elles ne vont pas elles même sans poser problème (existence d’ilots de chaleur, pression sur l’environnement) et surtout elles ne correspondent pas, au moins sous leurs formes simples, aux attentes des citoyens (bas prix fonciers, refus de la densité et de la compacité, etc.). Ils leur préfèrent par conséquent les périphéries moins denses, mais qui offrent néanmoins de bons niveaux d’accessibilités grâce au recours à la vitesse automobile. Dans ce contexte, l’objectif du projet Optidens est de proposer un outil informatique de simulation permettant d’explorer la possibilité de formes urbaines durables répondant à des exigences multiples et parfois contradictoires.
Le constat de départ est celui du dynamisme de la forme urbaine, à la fois en termes d’extension (forme la plus visible), mais aussi de reformatage (reconstruction de la ville sur la ville). C’est ce dynamisme qui donne potentiellement de la marge de manœuvre aux aménageurs pour orienter les tissus urbains vers des formes –fonctionnement plus durables. La question est de savoir comment orienter ce dynamisme, pour qu’à un horizon temporel donné (celui d’un SCOT par exemple), la forme urbaine présente des caractéristiques propres à assurer la durabilité et permette de répondre aux exigences des différents acteurs. Avec comme point de départ les tissus urbains actuels, caractérisés par la localisation de la population, des emplois et des autres aménités urbaines (commerces, services), il s’agit de savoir quelles localisations ou relocalisations des aménités actuelles, ou à venir, peuvent permettre à la forme urbaine tout à la fois :
- d’assurer de bons niveaux d’accessibilité à la population, aux emplois et aux autres aménités, ces hauts niveaux d’accessibilité constituant la quintessence même de la ville,
- mais aussi de ne pas dépasser certains seuils de densité locale et de compacité,
- de respecter les règles actuelles d’urbanisme, eu égard à la constructibilité des terrains notamment,
- tout en trouvant la vitesse minimum des déplacements automobiles permettant de satisfaire toutes les contraintes, dans une logique de lutte contre la dépendance automobile.
Il s’agit donc d’explorer la possibilité d’une ville, lente, accessible, répondant à des exigences multiples.
Le logiciel proposé est basé sur le couplage original entre un Système d’Information Géographique et des méthodes d’optimisation issues de la Recherche Opérationnelle. Il permet à l’utilisateur de formuler des contraintes que la forme urbaine doit vérifier (niveaux d’accessibilité, de densité, etc.) et d’indiquer la marge de manœuvre qu’il se donne pour transformer les territoires (pourcentage possible de relocalisation des aménités, limitations plus ou moins fortes des (re)localisations). Optidens trouve alors, si elle existe, la forme urbaine vérifiant les contraintes et la vitesse minimum conséquente (ou pourcentage d’évolution des vitesses actuelles). La logique d’Optidens est donc exploratoire. Il permet d’explorer les possibles et leurs conditions de faisabilité, et non de proposer LA forme optimale. Il est un outil opérationnel, en phase de test en milieu professionnel, qui permet la co-construction des politiques de transport et d’urbanisme et plutôt que d’envisager, comme c’est plus habituellement le cas, l’effet de l’une sur l’autre.